Billet d’humeur pour nos pêches Vendéennes

Une saison 2017 en dents de scie !

19 décembre 2017

En effet, la branche sur laquelle nous nous trouvions semble tomber ! Et ce n’est pas le poisson scie qui en est la cause ! Tout semblait pourtant commencer doucettement au printemps avec quelques belles pêches de-ci de-là à la canne, aux filets et à la traîne.

Malheureusement, certaines espèces ont été quasiment absentes une grande partie de la saison dans notre aire de jeux à Saint-Jean-de-Monts. Nous n’avons quasiment pas vu de merlus, de bars francs, maquereaux, seiches et soles. Les causes semblent multiples :

– une température de l’eau comme l’année dernière assez élevée ,dès le mois de mai jusqu’en octobre. La faiblesse des précipitations sur la région n’a pas favorisé le développement du plancton en mer .

– L’arrivée de dauphins qui sont restés pendant tout l’été pourchassant sans relâche les bancs de poissons. De ce fait, les habituels maquereaux, chinchards etc. qui agrémentaient nos sorties ne sont absolument pas venus sur le plateau de Saint-Jean-de-Monts. En effet la profondeur étant inférieure, ils ne se sont pas risqués dans notre zone.

Dans ces conditions, seuls les pêcheurs ayant accepté de pêcher dans des fonds d’au moins 20 m ont pu espérer occasionnellement effectuer quelques belles prises. Le bilan s’en trouve mitigé pour nombre d’entre nous .En fin de saison nous avons même pêché des bogues qui semblent venir de Méditerranée.

– Et bien sûr la surpêche dans les zones de frai à la fin de l’hiver en janvier, février,( comme d’habitude ), mais aussi des pêches intensives en été, effectuées par les professionnels, par exemple sur les zones de séjour des seiches !(pour compenser l’absence d’autres poissons ??!!)

À ce sujet, la commission européenne vient de rendre son verdict : pour 2018, pour protéger les zones de frai du bar franc (Dicentrarchuslabrax), en mer du Nord et en Manche la pêche aux filets sera interdite en février et mars (ndlr cf article commission européenne). Aucune mesure de protection des frayères dans le golfe de Gascogne! La surpêche du bar guette de nouveau dans cette zone C’est  scandaleux et inadmissible !!!.

Une interdiction pour la pêche à l’anguille, durant 3 mois pour 2018 est aussi prévue (pas forcément aux bonnes dates pour l’espèce!).

On peut se demander, si l’on veut vraiment protéger certaines espèces et permettre leur développement futur, s’il ne faudrait pas comme pour le bar franc par exemple carrément interdire dans toutes les eaux françaises la pêche de cette espèce pour tous ainsi que sa commercialisation) durant 2 à 3 ans minimum.Cela lui donnerait  le maximum de chances de revenir sur le devant de la scène dans quelques années. C’est un peu la même chose pour l’anguille:on veut protéger les géniteurs mais on continue de laisser pêcher la civelle pour des questions économiques !…

Dans l’avenir, si l’on veut encore attraper du poisson, il importe que nous pêchions avec des techniques issues de la pêche en eau douce, mais aussi inspirées des japonais qui rivalisent d’imagination pour tenter le poisson et préserver ses qualités gustatives! Dans nos rubriques nous essayons de vous faire prendre conscience qu’il est désormais impossible de pêcher comme il y a 15 ou 20 ans .Il faut évoluer et être réactif quant aux techniques de pêche à utiliser en fonction des saisons. Nous continuerons bien sûr à vous faire part de ces dernières pour capturer des poissons  en toute saison.

Eric

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Saison de pêche 2016 en demi -teinte 

Consommation de poisson , on marche sur la tête:

Nous consommons en France 35 kg de poisson par personne et par an. En Europe, la moyenne est de 23 kg. Depuis fin mai, nous avons consommé la quantité de poissons que pouvaient produire nos côtes françaises pour l’année complète. Nous vivons donc à crédit. Notre excédent de consommation est reporté sur la « production » des pays qui paradoxalement ont besoin de ces poissons pour vivre au quotidien.

Par ailleurs cette saison de pêche 2016, a été particulièrement bizarre voir anormale.

En effet, dès le mois d’avril, la température de l’eau est passée en quelques jours de 12 à 16° pour ne plus redescendre jusqu’à maintenant (fin octobre encore 16° ). De fait, la reproduction pour certaines espèces s’en est trouvée perturbée. Certains poissons ne se sont même pas approchés des côtes.D’autres, comme les bogues (famille Sparidés) font des incurtions régulières,ce qui ne se produisait pas par le passé.

Il est possible aussi que la température de l’eau ait modifié les courants qui passent à proximité de chez nous en Vendée. La température s’étant maintenue au-delà de 18° presque tout l’été L’oxygénation de l’eau a été moyenne.Le bar est resté dans des contrées plus clémentes pour lui…

Il semble aussi que nos instances européennes et françaises font fort peu de cas des vrais problèmes de la pêche en mer.

Encore cette année, le long de la façade atlantique, nous avons pu constater en Vendée les effets de la surpêche, pour lesquels j’avais déjà tiré la sonnette d’alarme à la fin de l’année 2015. Comme indiqué précédemment, pour la pêche au bar franc, cet hiver la pêche professionnelle n’ayant plus, pendant la période de reproduction ,la possibilité de pêcher au-delà du 48e parallèle, les flottilles se sont dirigées vers l’Atlantique… En commençant par les frayères !

Ce qui fait que durant l’hiver dernier les criées de la façade atlantique ont été inondées de bars et de soles n’ayant même pas encore pondus !… La demande n’étant pas très forte à cette période les prix ont été tirés vers le bas… Qu’importe !..

Il faut signaler tout de même l’engagement D’auchan pour ne plus proposer à la vente de bars pêchés au filet durant la période de reproduction!

En recherchant les causes profondes de ces problèmes récurents, j’ai constaté que les professionnels travaillaient en toute conscience du fait qu’ils sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis.

En réalité, ils ne sont pas la cause de cela, mais agissent dans le seul but de s’en sortir à court terme. En effet, « conseillés » par les banques ( comme pour l’agriculture…), ils ont dans l’espoir de s’en sortir un peu mieux, acheté à crédit des bateaux plus grands et plus performants.Les pêches en masse pendant la période de reproduction et les ventes à prix bradé dans les grandes surfaces en hiver servent donc uniquement à rembourser les traites pour les banques (sic!….) qu’importe si après le poisson fait défaut ! C’est bien triste.

 

La commission Européenne en a rajouté une louche en subventionnant des destructions de bateaux pour des plus performants techniquement et « plus pêchants ».ce qui fait qu’avec une flotille moindre on pêche plus!(resic!…)

Des mesures radicales, par voie de conséquence doivent donc être prises dans l’intérêt de tous les pêcheurs!

1/ Les frayères doivent être interdites de pêche pour tous y compris pour la pêche récréative pendant la période de reproduction de janvier à avril inclus sans dérogation.

2/ La bande côtière (là justement où la profondeur est la moins élevée) doit être interdite pour tous les chaluts sans exception de chalutage toute l’année.

3/Les bateaux professionnels, ne doivent pouvoir débarquer leur pêche que dans les criées des zones auquels ils appartiennent par leur immatriculation pour éviter les déplacements de flottilles dans les zones non interdites de pêche pour une espèce.cela évitera une surpêche sur les zones concernées!

4/ Par ailleurs, il serait bon de faire comme dans d’autres pays européens, et d’installer des récifs artificiels en nombre. Ainsi, mécaniquement des zones sensibles se trouveraient naturellement protégées de tout chalutage qui pourrait » fortuitement » survenir. On peut même imaginer, un recyclage des vieux wagons dont la SNCF ne sait plus que faire . Ainsi les poissons pourraient se reposer confortablement dans les hamacs de nos bons vieux wagons et aussi se rendre au wagon restaurant pour y déguster un petit café par exemple!

Nul doute que dans de si bonnes conditions de séjour la reproduction des poissons permettra un repeuplement rapide des zones désertées…essaimant par la même les zones alentours.

En attendant,si les stocks de poissons sont en danger , on peut même se demander si par exemple pour protéger une espèce en voie d’extinction comme le bar franc,il ne faudrait pas fermer carrément l’espèce à la pêche récréative et professionnelle, et à la vente bien sûr !Ne pas manger de bars pendant 2/3 ans ne peut que renforcer la présence de l’espèce à long terme!

Espérons que cette fois la commission européenne et la France choisissent les bonnes options pour la préservation des espèces de poissons en danger, et ce malgré la pression des lobbies de tous poils…ou écailles!

Eric

Je vous souhaite donc une bonne lecture et si cette ressource vous a aidé, n’hésitez pas à la partager à votre entourage ou sur les réseaux sociaux !

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