Pêche dans les îles

Le secret de la pêche des îles dépend de leur configuration géologique. On rencontre essentiellement deux types d’îles. Les îles basses et les îles hautes. En Vendée et en Charente-Maritime ce sont plutôt des îles basses moins élevées au-dessus du niveau de la mer que nous étudierons ici. Ces configurations détermineront les différents modes de pêche et les endroits favorables autour de celles-ci.

Bien sûr les périodes de l’année déterminent aussi les modes et les lieux de pêche.

À Saint-Jean-de-Monts, nous pêchons généralement du printemps à l’automne, surtout lorsqu’on l’on va vers l’île d’Yeu (qui fait partie des îles du Ponant), la météo étant parfois capricieuse, il s’agit de ne pas s’aventurer à la légère.

Les îles basses sont configurés de la même manière en France. Le côté exposé au vent dominant est plus accidenté et plus profond que l’autre côté orienté vers le continent. Même si la différence de hauteur est faible, la tenue des poissons et leur densité, fait appel à la logique, la chance n’ayant qu’une faible place.

Concernant la répartition des espèces et leur taille on trouvera les poissons selon leur morphologie et leurs habitudes… Pour le bar par exemple les gros poissons ne seront pas au même endroit que les petits !

Les céphalopodes comme la seiche ou le calamar préféreront des eaux plus calmes et moins profondes sur le côté plus régulier et abrité de l’ile en ce qui nous concerne.

Vous aurez donc compris que les plus gros poissons se placent dans les meilleurs postes comme en rivière. Les gros bars seront à proximité des têtes de roches et des pointes avançant vers la mer. La pointe des corbeaux à l’île d’Yeu en est un excellent exemple. Les lignes de fracture des soubassements de l’île sont plus éloignées de la cote écartant par le fait les gros prédateurs du bord.

Les secteurs poissonneux autour des îles

Si l’on recherche plus particulièrement les beaux poissons, on s’éloignera des zones protégées du vent, et en recherchera les endroits un peu plus agités.(j’en connais qui aiment quand ça bouge ….!) On distingue trois types de zones :

a) les zones de courant

Ce sont ces zones qui favorisent l’apport de nourriture. On remarquera que les courants sont plus forts à l’extrémité des îles en raison de l’accélération produite par cette dernière par rapport aux vents dominants et au coefficient de marée.

Le courant est plus fort aussi entre deux masses distinctes ou 2 roches. Une accélération se produit car les roches sont mises en pression. C’est un peu comme le vent entre deux immeubles. Il y est toujours plus fort.

b) les zones de fractures du soubassement des îles

C’est précisément là où la profondeur augmente brutalement. La partie exposée aux vents dominants et à la houle du large est souvent meilleure en raison de la profondeur et des courants. Une pointe ou un éperon rocheux est un lieu à ne pas négliger. Les courants s’y cassent provoquant une oxygénation meilleure de l’eau. Les poissons prédateurs se répartissent en fonction de leur âge et de leur taille le long de la ligne de soubassement (les plus gros ayant les meilleures postes les moins agités à la base).

c) les zones nourricières

Elles sont moins visibles et donc plus difficiles à déterminer. La densité de nourriture y est plus abondante grâce à un développement important des végétaux et du mélange de substrat : vase sable et végétaux: le cocktail gagnant à consommer sans modération !

Il ne vous reste plus qu’à trouver le poisson, et le pêcher avec différentes techniques utilisables en fonction des secteurs que nous allons voir maintenant.

1/Les pêches autour des grandes plages

Les belles plages donnent envie de s’y arrêter… pour la bronzette, non pardon pour y pêcher des espèces bien spécifiques. Si l’on y regarde de plus près, il faut tenir compte de la bonne heure de pêche ainsi que du bon leurre à utiliser. La technique d’approche ne devra pas être non plus négligée.

Les plages peuvent être très différentes selon les marées, les conditions climatiques et leur aspect morphologique.

A l’Ile d’Yeu par exemple, les belles plages sont abritées des vents dominants d’ouest, le ressac est minime, la profondeur régulière et le sable fin. En général les lançons privilégient ces zones, les bars ayant un œil sur le garde-manger. On y trouvera aussi à la belle saison selon les jours des margates,

Les plages qui sont plus exposées aux vents dominants sont plus creusées  par les vagues plus fortes. On pourra y retrouver des dorades, bars et maquereaux s’approchant de l’écume formée par les rouleaux.

Sur sur la cote sud-est les criques sont encaissées avec des rochers taillés par l’érosion. Le fond y est beaucoup plus irrégulier et l’approche en bateau plus délicate. Comme par hasard le poisson s’y sent en sécurité! De nombreuses espèces de prédateurs sont présentes : lieus, bars, vieilles etc..

Le coefficient de la marée ainsi que l’heure de la journée sont essentiels pour une bonne sortie de pêche. Les coefficients de 70 à 90 sont à privilégier pour les carnassiers. La hauteur d’eau varie d’environ 3 m à 3,50 m dans notre région. Tout naturellement les poissons suivent le mouvement. Ils peuvent ainsi parcourir des plus grandes distances pour trouver leur nourriture facilement.

La fin de la marée montante est le meilleur moment pour tester vos leurres sur les plages.

Vous pourrez par exemple utiliser des leurres souples montés sur tête plombée, ou encore avec un montage en texan.

Selon les secteurs où l’on passe, on privilegiera  l’hameçon texan simple avec plomb balle pour les endroits dégagés pour une pêche à la grattée comme en rivière;ou bien un montage avec hameçon texan plombé  sur la courbure pour les zones encombrées.

Je garde aussi un œil sur le sondeur qui me précise la température de l’eau. Le sable chauffant avec le soleil, les limites des courants chauds et plus froids concentrent le petit fretin. Vous surveillerez aussi les fous de Bassan bien représentés autour de l’ile d’Yeu et gage de poissons en chasse.

Plus l’eau est claire plus vous devrez pêcher fin avec des scions fins, en arrivant discrètement sur la zone, je précise car certains n’ont pas encore compris, Ils pensent qu’en arrivant très rapidement sur l’endroit où les chasses se trouvent ils pêcheront plus de poissons!…Ils ne s’envolent pas …enfin, pas tous!

Pour les leurres à utiliser prenez des slugs ,shads ou Rapalas.

2/Sur les tombants autour des îles :

Ces lieux très stratégiques ont ma préférence. La pêche n’y est pas forcément aisée car on s’y accroche souvent. Le tombant est une pente plus ou moins importante qui théoriquement se perd dans les grandes profondeurs…

 

La nature de la déclivité détermine les espèces qu’on y trouvera. Le tombant peut-être vaseux, sableux ou rocheux. On peut déterminer facilement la nature du terrain avec le sondeur, mais aussi en regardant autour de soi au-dessus de la surface…

des espèces présentes seront déterminées par la nourriture qu’elles trouveront sur place. À proximité de moulières on trouvera bien entendu des dorades, mais aussi des petits poissons qui consommeront les déchets de celles-ci.

Les gros poissons viendront aussi se mettre à table dès lors que des éperlans, sprats et autres lançons seront là.Il ne faut pas perdre de vue non plus, que les mouettes et autres fous de Bassan vous donneront les indications sur les chasses à proximité.

Pour bien pêcher sur ces postes, il faut travailler avec méthode en commençant par le haut du spot puis descendre progressivement en profondeur. Vous aurez besoin pour cela de 2 cannes une pêcher près de la surface et l’autre pour atteindre des profondeurs de 6 à 30 m.

Près de la surface, vous utiliserez des petits leurres souples d’une dizaine de grammes qui représentent des petits vifs très actifs en été.

Après 6 à 10 m de profondeur, prendrait une canne de 2,30 m à actions rapide. Les leurres souples (es shads)ne devront pas être trop lourds, sauf s’il y a du courant.. Dans ce cas On pourra monter à 50 g.

Si l’on n’a pas de sensation, ou si on perd le contact, on changera de tactique en utilisant des inchiku (Gros leurres métalliques d’une centaine de grammes) muni d’une sorte de petit pompon comme sur les manèges !

Inchiku pour pêcher en dérive à proximité du fond

En l’animant, vous le ferez danser à proximité du fond, très…très énervant pour les prédateurs !

En variant les possibilités sur ce type de poste, et en utilisant les bons leurres vous assurer de bonnes surprises à la belle saison.

3/Pêcher face aux falaises

 Vu du bord c’est déjà impressionnant, mais lorsque l’on est face au falaises, on se sent peu de choses face un rempart presque infranchissable. Il faut être particulièrement prudent et garder une bonne distance de sécurité, pour éviter de se retrouver drossé contre une falaise.

A l’île d’yeu,On retrouve des falaises importantes, sur la côte exposée au large (Face sud-ouest) comme indiqué précédemment.Les lieux étant brassés très fréquemment les courants marins arrivent avec du plancton ce qui permet de nourrir les petits poissons. Ils se cachent de préférence derrière les gros rochers.

On pratiquera sur ce type de poste la pêche aux leurres de préférence flottants, car si vous touchez le fond, vous risquez de rester bien accrochés.Les poissons nageurs seront un bon compromis pour éviter les pièges de la zone. On préféra les leurres de taille suffisante de 10 à 14 cm afin de ratisser large. J’aime bien les rapala (Max rap) ou Tide minow de la marqueDuo.Les couleurs pourront être variées, le jaune étant bien efficace dans les bouillonnements . Quant à la canne: 2,40 m pour lancer loin afin éviter de trop s’approcher des turbulences.On finassera pas pour l’animation car les zones sont quand même assez dangereuses et relativement peu pêchées.

4 /Pêcher à la traîne entre les roches

Comme il est parfois délicat de s’arrêter pour pêcher en dérive dans ces zones, la pêche à la traîne à la canne peut s’avérer un compromis intéressant entre les cailloux.

 

Pour éviter les emmêlages  des lignes de traîne positionnées à l’arrière dans les dédales rocheux, il faut s’adapter au courant qui est plus fort entre les roches. Il convient de passer sur  les meilleurs coins en remontant le courant afin de faire nager les leurres en force. La technique est toujours payante pour le bar en Méditerranée, ou dans nos îles de Vendée.

Il faudra naviguer à 3 nœuds (environ 6 km/h) à vérifier sur vos GPS. En étant face au courant ,les leurres travailleront plus, et la circulation entre les obstacles sera facilitée grâce à une vitesse somme toute assez lente. N’oubliez pas pour une bonne présentation de vos leurres de changer de cap régulièrement, ce qui aura pour effet de faire nager les rapalas à différentes vitesses.

Dans l’absolu vous pourrez même réduire la vitesse du bateau dans les forts courants, quitte à faire presque du sur place ; pour redémarrer en trombe et créer la fuite du rapala.Si un beau bar est présent dans les environs cela risque fort de déclencher la touche.

Vous pouvez pêcher avec 2 cannes dans les tangons. La longueur de la traîne sera de 8 m environ car l’on n’a pas beaucoup de marge pour naviguer autrement. N’oubliez pas de régler le frein correctement pour éviter des déconvenues et des pleurs en cas de grosse touche.Pour le choix des leurres varier les couleurs et panacher car on ne sait pas quelle sera l’humeur du jour les alevins pouvant être de différentes tailles et de couleurs. On pourra utiliser des poissons nageurs de 10 cm ou des plumes de couleur dominante blanche.N’oubliez pas que le mimétisme doit être la règle par rapport à l’environnement. Aussi plus on présente près du fond plus la couleur du leurre doit être foncé. Si le fond est couvert d’algues essayer le vert et le marbré type maquereau.

En résumé,2 lignes de traînes assez courtes:

un poisson nageur à chaque de 10 cm présentés à 10 12 m de distance et 1,50 m de profondeur de couleurs différentes

Éventuellement :si vous êtes doués au milieu une petite ligne de traînes équipées d’un petit train de plume ou mini leur avec p’tite ondulante de 10 g max à 15 mètres de distance.

Si cette Technique vous pose quelques difficultés Vous pouvez plus simplement pêcher avec un treuil de traîne Voir l’article sur la pêche à la traîne. Vous serez contraints de vous éloigner des zones de turbulences, car la ligne peut avoisiner plus de 80 m derrière le bateau,

5/les conditions climatiques courants et vents

à) les courants

Les poissons se positionnent en mer selon plusieurs critères dont les courants marins et la présence de nourriture apportée par ceux-ci.Ils chercheront tout comme en rivière à se protéger des courants mais aussi à les utiliser pour se nourrir.

En regardant l’océan On ne peut s’empêcher de penser :« Que d’eau, Que d’eau »… (Mac Mahon) ,En mer, l’étendue est tellement vaste que c’est l’observation qui pourra vous aider à sélectionner les meilleures zones. »Et encore vous ne voyez que le dessus » me diront les plaisantins…

C’est justement là, que votre meilleur allié sera le sondeur.En surface vous pouvez distinguer la direction du courant et aussi évaluer sa vitesse de surface. Le clapot pourra aussi vous permet de déterminer les zones où les courants s’affrontent. Il est visible que les clapots sont différents. Si l’on se place à l’échelle d’une île entière, le courant majeur va dans le même sens. Lorsqu’il rencontre l’île il s’éclate en de multiples petits courants dans des directions différentes. Quand le vent s’oppose au courant il crée un clapot plus ou moins tourmenté.

Lorsqu’il glisse dans le même sens que le vent le clapot s’arrête. De telles différences à la surface de l’eau vous permettent en vérifiant avec le sondeur de constater que la structure du fond a détourné le courant. La force du courant varie aussi en fonction de la profondeur il est plus puissant dans une faible profondeur est plus lent a contrario. (c’est encore mieux quand on le dit).

Pour bien pêcher dans le courant vous devez penser comme le poisson. On se place dans une zone calme à l’affût, pour se protéger du courant et voir passer la nourriture. On est souvent à la limite avec l’accélération de la veine d’eau rapide. J’ai souvent constaté ce phénomène en rivière et en particulier en Loire si vous êtes un mètre trop loin vous ne péchez rien…

là encore pour être parfaitement placé ,il vous faudra utiliser le sondeur pour trouver les lignes , veines de fond , Les hauts-fonds et les cailloux émergeants ou pics rocheux.

b)Les vents

Comme en voile, on parle de la cote au vent et sous le vent. Je suis un peu comme les gros poissons j’aime bien les eaux dynamiques, mais pas me retrouver comme dans un tambour de machine à laver ni dans une eau boueuse…Les poissons n’aiment pas non plus se retrouver avec des particules décrochées des rochers dans les ouïes. Ils préfèrent dans ce cas se mettre à proximité du fond dans une eau plutôt propre.

Les plus petits poissons, ont tendance à venir plus proche de la surface car ils sont moins puissants face à la houle et au courant. On retrouvera dans l’écume des bars de taille moyenne. Ils n’hésitent pas à affronter les vagues. Les zones à la limite de l’écume sont aussi très favorables..

Concernant la direction des vents, on peut faire de belle pêche même par vent de terre ou de Nord. En effet ce n’est pas la direction du vent qui importe le plus, mais le refroidissement brutal de l’eau ainsi que la présence d’un anticyclone ou d’une dépression sur la zone. Si un anticyclone est centré sur La Méditerranée,Les vents de terre seront plus tempérés. Si l’anticyclone centré sur le nord de l’Europe ou à l’est, les vents de terre seront beaucoup plus froids. La température de l’eau sera donc directement impactée par une baisse brutale que l’on peut constater parfois en été à Saint-Jean-de-Monts avec un vent d’est. L’eau peut arriver à 15° en 2 jours, Les poissons ne supportent pas ces baisses brutales .L’hiver, c’est un peu la même chose. Il faudra donc être particulièrement vigilant pour la pêche en bateau Et choisir la bonne stratégie pour sortir.

 départ de port -Joinville