Pêche au bar en bateau

 Comment pêcher le bar du bord,des pontons ou estacades, ou en bateau? Les techniques développées ci dessous,souvent astucieuses vous faciliteront la vie.

il faut d’abord comprendre son mode de vie. On peut alors étudier les différentes techniques qui permettent de le capturer dans notre région. Ces derniers temps, la législation à géométrie variable selon le lieu géographique et celui qui le pêche en 2017 : 5 bars par jour par personne au sud du 48eme parallèle,différent au nord  (voir notre article sur la commission Européenne), ne facilite pas sa préservation ni son développement.

1)Généralités :

C’est un poisson de la famille des percidés que connaissent bien nos amis qui pêchent en eau douce. Ils peuvent vivre jusqu’à plus de 15 ans et dépasser les 1 m .

Ils atteignent la taille légale (42 cm) vers les 4 ans. (Voir tableau des poids). Ce qui explique les mesures de protection dont il fait l’objet actuellement 

2)son régime alimentaire

C’est un poisson opportuniste qui a un appétit vorace (quand il a faim !). Son régime alimentaire varie entre crustacés crabes, crevettes (50 %), poissons (35 %) et pour le reste vers, mollusques voire même des végétaux… tout est fonction de la saison et de ce qu’il trouve. On pourra donc le rechercher avec différentes méthodes et appâts.

La reproduction du bar a lieu au large en bancs serrés et tourbillonnants et la fécondation est en pleine eau entre janvier et début mai en France en fonction de la température de l’eau. La femelle pond environ 20 000 œufs par kg. À l’automne avec le rafraîchissement des températures les bars migrent dans des zones plus profondes jusqu’à 100 m. Dès le printemps les bars retournent vers la côte là où ils ont passé l’été précédent.

Après ce petit rafraîchissement de connaissances nécessaires pour comprendre le poisson, voici comment le trouver

3)Les lieux de pêche en bateau pour le bar

Je serais tenté de dire, partout là où le fond n’est pas comme ailleurs… ce qui résume bien le personnage. En effet, comme en eau douce… (pour les perches et sandres…). Il m’a fallu plusieurs années pour comprendre dans cette immensité qu’est la mer, que ce poisson avait les mêmes agissements et habitudes que ses cousins d’eau douce…

Ainsi vous le trouverez souvent:

autour des têtes de roche, au début du tombant, à la base des roches à l’abri du courant, dans les épaves, là où ça brasse dans les rouleaux, aux embouchures des fleuves ou arrivent la nourriture,

 dans les ports à l’aplomb et sous les pontons, voire aussi les bateaux de pêche en cas de bredouille!

 Mais aussi  à proximité des parcs à moules et huîtres, à la poursuite des bancs de petits poissons. N’oubliez pas de consulter l’article sur la pêche des îles qui vous indiquera les meilleures postes autour de ces lieux particuliers.

4) les différentes techniques

Comment attraper un bar ? Rien de plus facile :il suffit de lancer le bon leurre ou le bon  appât au bon endroit et au bon moment !!!Je vais essayer de vous faire gagner un peu de temps…

La pêche au flotteur

On pense à tort, que cette pêche au bouchon est réservée aux débutants ou aux pêcheurs en eau douce. En fait, c’est une pêche tout-terrain pour tous. Elle  permet de capturer de nombreux poissons du plus petit au plus gros :Éperlans, maquereaux, gros bars, maigres ou thons. Selon les poissons recherchés, on utilisera une canne de taille de 2,40 m à 2,70 m et de puissance moyenne. Un flotteur de 20-50 g,( la plombée étant d’un poids inférieur à 10 g). Le moulinet utilisé sera d’une série de 4 à 5000 de taille moyenne. Selon le type de poissons visés le matériel sera plus puissant…Le tout armé d’un hameçon d’excellente qualité au piquant irréprochable, adapté aux appâts utilisés, et bien sûr non rouillé… on ne le dira jamais assez !

Les appâts utilisés seront soit des crabes de roche, des bouquets(crevettes roses), des petits encornets conservés au congélateur. Ou des petits poissons vivants : maquereaux, chinchards, tacauds. Bien sûr quelques sardines ou des vers arénicoles ,gravettes ou ver américain compléteront votre panoplie.

Voici quelques montages pour la pêche au flotteur qui, correctement utilisés en fonction des circonstances vous permettront de faire la différence.

Le montage plus classique et le plus simple au flotteur coulissant est celui-ci. Le flotteur sera de 15 ou 20 g afin que le montage soit réparti correctement dans l’eau. La ligne travaillera mieux dans le courant dans des fonds jusqu’à 20 m maximum. Vous pourrez aussi attraper avec cette méthode des chinchards, maquereaux, mais aussi des calamars.

Montage crevette pour le bar :

La crevette doit être de préférence vivante car le bar donne coup de  museau avant de l’avaler afin qu’elle se replie sur elle-même puis, il l’ aspire ainsi pour éviter de se blesser avec le rostre. Vous pouvez aussi utiliser 2 crevettes mortes pour jouer sur l’effet de masse. Le bas de ligne doit être assez long entre 1 et 2 mètres. On attrape avec cette technique aussi des sparidés.

Le flotteur sera aussi l’occasion de mettre d’autres appâts délicats. On peut essayez aussi au crabe mou qui fait partie de son alimentation habituelle. Avec un flotteur de  30 g et une olive 20 g, vous réaliserez un montage à 2 hameçons Identiques numéro 1 à 4 avec un fil fluorocarbone ; Cela vous améliorera la tenue du crabe Qui sera présenté horizontalement comme sur l’image et facilitera le ferrage.

Il vous faudra bien sûr garder un œil constant sur la ligne qui peut à tout moment faire l’objet d’une attaque. Si vous péchez à proximité d’une chasse de bar, l’appât sera donc un poisson fourrage de préférence similaire à ceux recherchés par le carnassier.

Cette technique peut sauver d’une bredouille, voire vous permettre d’attraper les plus beaux poissons présents sur la zone et pas forcément des bars les congres ,daurades royales pagres vieilles ne rechignent pas à goûter ces mets raffinés.

La pêche à la plombée  au vif à soutenir ou en dérive:

La pêche à soutenir en mer est plus technique que celle au flotteur ou bouchon coulissant.

Pour éviter l’emmêlement autour de la ligne il faut descendre rapidement le vif qui sera maintenu par un hameçon Numéro 2/0 loché sous la peau Le nez du vif est maintenu par un hameçon 4/0 sans ardillon prolongé par le poids de 200 g.  Arrivé au fond Après 2 ou 3 secondes de pause on libérera le vif en tirant d’un coup ample pas trop fort .

La manœuvre est plus aisée avec de la tresse en corps de ligne la prise de contact étant plus directe en fonction de la profondeur.

La pêche au vif en mer en dérive

Là encore le vif fait sensation. On le présentera avec un montage en pater noster à la profondeur voulue en fonction de ce qu’indiquera votre sondeur. Le vif sera simplement accroché par le nez Complété d’un hameçon triple monté sur le dos .Vous pourrez ainsi effectuer un ferrage à la touche sans vous le faire voler .

Tous les poissons, bars maquereaux, gadidés lieus, morues ,même les sparidés seront sensibles en toute saison à ce montage.

La pêche au téléphérique:

 Ce n’est pas une pêche de montagne, mais le principe est là. Il faut repérer une zone au sondeur avec un tombant, puis s’amarrer. La ligne sera terminée par un plomb à grappin puis tendue.

il suffira ensuite de piquer un vif sur un bas de ligne d’un mètre puis d’accrocher un émerillon à agrafes à l’autre extrémité et sur le corps de ligne.

Pêche au téléphérique amarré

 

Le vif pourra circuler sur la ligne tendue. Pour éviter les poissons remontant trop en surface, on fera glisser un petit plomb Catherine (3 à 10 g) sur le fil à partir de la canne. La ligne sera relevée périodiquement pour éviter que certains poissons se calent au fond .

Au ferrage n’oubliez pas de récupérer rapidement le mou de la ligne pour une bonne prise de contact.

 Encore plus fort : un montage sans flotteur ni plomb !Bref une ligne libre :

Il vous suffira de faire un montage comme pour la pêche au flotteur. Vous remplacerez le flotteur et le plomb par un petit ballon de baudruche ou un buldo. Votre vif sera libre comme … l’eau. Ce montage fonctionne très bien à l’heure de la pause casse croute laissant vagabonder le vif. Vous risquez de ne pas être tranquilles très longtemps…

la pêche du Bar aux leurres

Nous allons essayer détudier ici les pêches du bar en bateau,avec différents types de leurres rigides: (Les stickbaits ) ou souples shad ou slug (NDLR :Non je ne m’étouffe pas, ce ne sont pas des onomatopées…)

Il s’agira selon les cas de figure de peigner la surface de l’eau ou de » travailler » les différentes hauteurs d’eau.

A ) LES STICKBAITS et leurres rigides  de surface:

 Le poids moyen de ces leurres de surface en forme de bâton avoisine les 12 à 20 g. Il faudra donc des cannes de puissance jusqu’à 30 g et des moulinets dans la série 4 /5000 .Si l’on met de la tresse, on complétera le montage par un bas de ligne de 30 cm à 1 m en mono filament fluorocarbone (25 à 45/100).

On recherchera les poissons dans une zone proche des plateaux rocheux de 1 à 5 m de profondeur. Là encore tout se joue dans l’animation du leurre pour être efficace. Le but étant d’imiter la nage d’un poisson blessé ou apeuré. Le mouvement s’effectue en 2 parties il faut alterner un coup de scion, et 1/4 ou 1/2 tour de manivelle en remettant le sillon dans sa position initiale.

Le leurre continue sa trajectoire pendant ce temps. Les mouvements canne/ moulinet sont donc décalés de l’animation du leurre.

Je sais c’est plus facile à dire qu’à faire, J’ai moi-même parfois quelques difficultés à y parvenir. Pour débuter, il est plus facile d’utiliser cette technique en arrivant sur des chasses que vous aurez repérées auparavant (article où trouver les chasses ici).

On peut donc alterner des périodes avec des tirées courtes et rapides et des tirées plus longues et lentes. Vous augmenterez vos chances de réussite en pêchant à plusieurs avec différents leurres…(C.Q.F.D.)

Vous pourrez aussi en été avec cette technique attraper des bonites ou des maquereaux espagnols.

B) Les LEURRES souples :

Là encore, on peut utiliser différentes techniques de pêche en fonction de la situation :présence ou non de chasses de bar ou de proies à proximité du lieu de pêche.

La pêche à la volée :

On la pratique lorsque les bars sont actifs et que les éperlans sardines chinchards lançons et maquereaux circulent entre 2 eaux. On utilise des leurres avec des têtes plombées coniques ou planantes de 10 à 30 g ressemblant à ces proies. Une canne de 2 m à 2,30 m ainsi qu’un moulinet série 4000 garni de tresse 12 à 15/100 seront parfaits. Les leurres pourront évoluer à des profondeurs moyennes de plus ou -5 m environ. Si la mer est un peu agitée ou le courant un peu fort, la tête plombée sera taillée en pointe (10 à 25 g). L’animation est des plus simples, en effectuant des tirées sur 2 m environ ,en abaissant la canne et récupérant doucement le fil. Le leurre effectue les montagnes russes

1Descente vers le fond

2Animations alternance de tirées amples et d’à-coups

3Abaissement de la canne et récupération de la ligne

4 ferrage

5 remontée du leurre

La pêche en traction :

Les montages sont plus lourds pour des profondeurs de 10 à 25m. Les leurres utilisés sont des shads de 12 cm en moyenne. On utilise pour le bar une canne de 2,40 m en moyenne.

On pourra faire varier les têtes plombées de 20 à 60 g en fonction de la profondeur. Les moulinets utilisés seront de série 4 à 5000 garnis de tresse 12 à 15/100.L’animation est plus simple, car on effectuera de grandes amplitudes de 2 à 3 m en lançant assez loin à proximité des plateaux rocheux bien sûrs.

 

1 Lancé à distance

2 Descente du leurre jusqu’au fond

3 Tractions de la canne avec amplitude de 2,50 m

4 Récupération de la ligne par 2 ou 3 tours de manivelle en alternance

5 Animer le leurre jusqu’à la surface

La pêche à gratter :

Cette fois, la recherche des bars se fait sur le fond. Cette technique sera plus utilisable en arrière-saison sauf exception. On recherche une nage planante,naturelle. Cette pêche est plus technique qu’il n’y paraît car les risques d’accrochages sont nombreux. Le matériel utilisé sera sensiblement le même que précédemment : canne de 2,20 m à 2,40 m moulinet série 4 ou 5000.Les leurres souples utilisés seront montés comme le schéma ci-dessous. On limitera les risques d’accrochages avec un montage texan. On utilisera des têtes plombées de 1 g par mètre de profondeur, plus s’il y a du courant ou du vent (2 à 3 g). Monter un bas de ligne en  fluorocarbure de 1 à 2 m de long en 30/100 par exemple. On pêchera de cette façon de 8 à 20 m de profondeur, ce qui correspond à la majorité des situations ici à Saint-Jean-de-Monts.

L’animation se fera en grattant le fond par petits rebonds successifs du leurre ballotté par les éléments…

La pêche en dandine :

Même en mer, on parle de pêche à la dandine comme en rivière. On peut utiliser toutes sortes de leurres souples pour le bar et toutes les têtes plombées. Personnellement je préfère utiliser une tête conique plus hydrodynamique(20 à30g) Côté matériel, toujours une canne de 2,20 m à 2,40 m et un moulinet de série 4 à 6000 feront l’affaire .

Le montage se fera avec un leurre souple accompagnés d’un teaser (plume ou petit leurre souple supplémentaire)

L’animation en dandine se fera en continu sur une amplitude proche du fond d’un mètre à 1,50 m. Si l’on est en présence de chasse le bas de ligne devrait être renforcé en nylon de plus de 50/100 Car on peut tomber sur 2 beaux bars en même temps (En général un seul bobard vous fera prendre des vessies pour des lanternes. ndlr..

La Pêche au filet:

Le bar au filet (pas celui de la poissonnerie…) est plutôt une pêche aléatoire. En effet, on positionne le filet sur une zone où les bars sont supposés passer : une passe entre 2 roches, un haut fond, une zone rocheuse entourée de sable…En fait rien ne permet de déterminer à l’avance que le poisson va se déplacer comme on le souhaite. Les courants, marée, vagues, vent, lune, soleil sont autant de facteurs qui influent sur l’activité du poisson. La difficulté dans cette pêche d’attente est d’être positionné au bon endroit au bon moment ! De plus pour éviter de perdre du poisson il est préférable de placer son filet le soir pour le relever le matin. Ainsi vous aurez le maximum de chances d’avoir un poisson en bon état et encore vivant. Quelle surprise le matin lorsque vous arrivez sur votre lieu de pêche, et qu’en tirant votre filet un ou 2 bars apparaissent  pris dans les mailles c’est vraiment un moment magique!

pêche au filet

On utilise essentiellement 2 types de filet :

1)le filet droit de fond ou entre 2 eaux.

 

filet maillant entre deux eaux

il se compose essentiellement de 3 parties la ralingue du haut flottante, la ralingue du bas plombée et la partie centrale , le filet qui comporte une seule nappe (l’ensemble de mailles)

filet maillant – calé au fond

2) le filet trémail.

 il se compose lui de 3 nappes : une nappe centrale et 2 nappes extérieures avec des mailles beaucoup plus grandes.

La dépose du filet se fait de 2 manières :

soit à la dérive sans moteur :

Soit avec le moteur (pour les expérimentés)

 

Il faut aussi tenir compte d’éléments comme la couleur de l’eau et sa température. Les bars ne sont pas actifs lorsque la température de l’eau est trop élevée au-dessus de 18°. Ils auront plutôt   tendance à se tenir aux frais dans des endroits où on ne les pêchera pas au filet.

J’ai aussi remarqué que lorsque l’on positionne un filet un endroit auquel on croit, le premier jour est très productif, le 2e jour le nombre de poissons est déjà moindre, quant au 3e jour c’est souvent la bredouille… Etonnant non ? C’est surtout le signe qu’il est temps de changer de crémerie ! Il semble que le poisson s’éduque à très grande vitesse, mais aussi que les conditions qui prévalaient lorsque vous avez posé votre filet ont changé.

Vous pourrez utiliser un filet de 50 m de long  sur 2 m de haut maximum en pêche . La maille utilisée sera au minimum de 50 mm de côté soit 100 mm étirée. Bien sûr plus la taille de la maille est importante plus vous sélectionnez de beaux poissons. Cela peut vous éviter par exemple d’ avoir des petits poissons de pris dans le filet et attaqués par les congres vous occasionnant des emmêlages parfois inextricables…

tension trémail travers courant

 

 Vous pourrez trouver des filets tout montés dans les coopératives maritimes mais aussi les réaliser vous-même ou encore trouver des professionnels pour faire le montage adapté aux conditions de pêche locales. Je vous propose d’ailleurs parmi nos partenaires  l’excellente SARL de l’écluse à Beauvoir sur mer qui vous montera vos filets, selon vos besoins, à un prix raisonnable: lien ici

 Lorsque vous démontez votre filet pour faire un nouveau montage, ne jetez pas l’ancienne nappe dans la poubelle des ordures ménagères mais amenez la à la déchetterie de votre commune. C’est un déchet ultime (sic ..!) Les machines de broyage des ordures ménagères n’aiment pas les mailles des filets et cela bloque la filière (sans jeu de mots…) de recyclage!

Toutes ces techniques ne seraient pas complètes sans un mot sur la pêche à la traîne au bar que vous pourrez retrouver dans la rubrique concernée sur notre site.

En utilisant alternativement la pêche aux leurres, à la plombée, au vif, ou même au filet,ou à la traîne en fonction des saisons et de la météorologie, vous devriez attraper plus facilement ce poisson emblématique tant recherché et si lunatique par moments. C’est parfois dans ces moments-là qu’on se demande si il en existe encore ! Et pour en attraper le mieux c’est encore d’aller souvent à la pêche car dans les bars, je n’en ai jamais vu même s’il fait le tour des conversations !

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